
Le verbe partir appartient au troisième groupe, une catégorie qui regroupe des verbes aux comportements variés. Contrairement aux verbes du deuxième groupe (finir, choisir), partir ne suit pas le modèle en -issons au pluriel. Cette particularité provoque des erreurs fréquentes, notamment chez les collégiens et les apprenants en français langue étrangère, qui produisent des formes comme « nous partissons » ou « je partis » au présent de l’indicatif.
L’enjeu n’est pas de mémoriser un tableau de plus, mais de comprendre le mécanisme qui gouverne ce verbe. Une fois l’alternance de radical identifiée, la conjugaison du verbe partir au présent devient prévisible.
Alternance de radical au singulier et au pluriel : le mécanisme à retenir
La difficulté principale de partir tient à un phénomène que les grammaires appellent l’alternance de radical. Au singulier, le radical se raccourcit. Au pluriel, il retrouve sa forme complète.
| Personne | Radical utilisé | Terminaison | Forme conjuguée |
|---|---|---|---|
| Je | par- | -s | je pars |
| Tu | par- | -s | tu pars |
| Il/Elle | par- | -t | il part |
| Nous | part- | -ons | nous partons |
| Vous | part- | -ez | vous partez |
| Ils/Elles | part- | -ent | ils partent |
Au singulier, le radical par- perd la consonne t. C’est ce qui donne « je pars » et non « je parts ». La lettre t de l’infinitif réapparaît dès la première personne du pluriel.
Cette alternance n’est pas propre à partir. Les verbes sortir, dormir, mentir, sentir et servir suivent exactement le même schéma. Apprendre ce mécanisme une fois permet de conjuguer correctement toute cette famille de verbes du troisième groupe en -ir.
Pour savoir comment conjuguer partir au présent de l’indicatif, il suffit donc de maîtriser cette bascule entre radical court et radical complet.

Distinguer partir des verbes du deuxième groupe : le test en -issons
La confusion la plus répandue consiste à traiter partir comme un verbe du deuxième groupe. Les verbes en -ir du deuxième groupe (finir, grandir, réussir) intercalent le suffixe -iss- entre le radical et la terminaison au pluriel : nous finissons, vous grandissez.
Partir ne fait pas partie de cette famille. Nous partons, et non « nous partissons ». L’absence du suffixe -iss- est le signal d’un verbe du troisième groupe.
Une méthode fiable pour trancher :
- Conjuguer le verbe à la première personne du pluriel (nous) au présent
- Si la forme produit -issons (nous finissons), le verbe est du deuxième groupe et prend les terminaisons -is, -is, -it, -issons, -issez, -issent
- Si la forme ne contient pas -issons (nous partons, nous dormons, nous sortons), le verbe est du troisième groupe et prend les terminaisons -s, -s, -t, -ons, -ez, -ent
Ce test fonctionne à chaque fois. Il évite de devoir mémoriser des listes de verbes par groupe.
Terminaisons du présent pour les verbes en -ir du troisième groupe
Les terminaisons que prend partir au présent de l’indicatif sont partagées par un ensemble de verbes courants. Les regrouper permet de réduire l’effort de mémorisation.
Le groupe partir, sortir, dormir, sentir, mentir, servir
Tous ces verbes suivent la même logique : radical amputé au singulier, radical complet au pluriel. Voici la comparaison :
| Personne | Partir | Sortir | Dormir | Sentir |
|---|---|---|---|---|
| Je | pars | sors | dors | sens |
| Tu | pars | sors | dors | sens |
| Il/Elle | part | sort | dort | sent |
| Nous | partons | sortons | dormons | sentons |
| Vous | partez | sortez | dormez | sentez |
| Ils/Elles | partent | sortent | dorment | sentent |
Le schéma est identique dans chaque colonne. Une seule règle couvre six verbes fréquents du quotidien. Le radical perd sa dernière consonne au singulier (par-, sor-, dor-, sen-), puis la retrouve au pluriel (part-, sort-, dorm-, sent-).
Terminaisons fixes à retenir
Les terminaisons elles-mêmes ne varient pas d’un verbe à l’autre dans ce sous-groupe :
- Singulier : -s, -s, -t (sans exception pour ces verbes)
- Pluriel : -ons, -ez, -ent (terminaisons communes à la majorité des verbes français au présent)
La seule zone de risque reste le singulier, où l’on peut être tenté d’ajouter une lettre superflue. « Je parts » avec un t est une faute : la terminaison -s suffit, le t du radical a disparu.
Partir au présent : pièges courants et points de vigilance
Deux erreurs reviennent de manière systématique dans les copies et les échanges écrits.
La première concerne l’auxiliaire. Partir se conjugue avec l’auxiliaire être aux temps composés (je suis parti, nous sommes partis). Au présent simple, cette question ne se pose pas, mais la confusion s’installe quand un apprenant passe du présent au passé composé sans changer d’auxiliaire.
La seconde erreur relève de la construction syntaxique. Partir est un verbe intransitif. Il ne peut pas recevoir directement un complément de lieu sans préposition. « Je pars Paris » est incorrect. La forme correcte est « je pars à Paris » ou « je pars pour Paris ». Cette contrainte syntaxique n’affecte pas la conjugaison, mais elle accompagne souvent les erreurs de forme verbale chez les apprenants qui manquent de repères sur le fonctionnement global du verbe.

Retenir l’alternance par- / part- et appliquer les terminaisons -s, -s, -t, -ons, -ez, -ent couvre la totalité de la conjugaison de partir au présent. Ce même réflexe s’étend à sortir, dormir, mentir, sentir et servir, ce qui en fait l’une des règles les plus rentables de la conjugaison française.